Les Ailleurs Paris 2021

Intentions éditoriales

“On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait.” 

Nicolas Bouvier, L’Usage du monde.

Si, confinement oblige, nous avons appris à voyager avec le virtuel sous toutes ses formes, la nouvelle économie de l’attention brouille souvent les pistes et nous fait oublier la question de la destination : où aller ? ou peut-être “où atterrir ?” (comme se demande Bruno Latour), quels sont les voyages virtuels lointains ou proches qui nous feront ou nous dé-feront ? 

Avec les médias immersifs, le choix de la destination importe bien plus que pour un scroll infini sur les réseaux sociaux. Et c’est ainsi que les programmateurs des Ailleurs ont écumé la carte de leurs sens, pour en revenir avec une sélection de voyages initiatiques, dépaysants, possibles dérives au pays d’un nouvel entendement. La poétique du “long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens” de Rimbaud y ferraille avec les visions exprimées par les nouvelles technologies du voyage à l’ère de l’empreinte carbone maîtrisée : réalité virtuelle, augmentée, mixte, spatialisation sonore, écrans interactifs, mondes virtuels interactifs…

Embarquez avec Les Ailleurs pour des contrées neuves, des perceptions altérées, des expériences corporelles inédites, à la rencontre de cultures revigorantes.

Une exposition, trois parcours

Les Ailleurs articule une sélection d’œuvres en réalité virtuelle, de projections interactives et d’œuvres sonores spatialisées autour de trois parcours. Le premier, Voyages sauvages, est une invitation aux voyages symbiotiques dans les mondes non-humains. Le public part à la rencontre des méduses synesthésiques de Mélodie Mousset et Edo Fouilloux (The Jellyfish), qui leur apprendront les champs vibratoires des profondeurs, avant de se lier avec les attachantes créatures d’Eric Chahi lors d’une balade contemplative dans un monde terraformé (Paper Beast), puis s’initier au langage de la Polyrythmie des cachalots, et découvrir le monde tout en en décélération et fleurs hybrides de l’artiste Lauren Moffatt. (Of Hybrids & Strings).

Un voyage pour les grands et les petits, et s’émerveiller des mondes vus depuis des regards non-humains. 

 

Le deuxième parcours, Transports intimes, emmène le public dans les multiples territoires de soi-même. On y plongera dans un immense réseau reliant les recoins les plus intimes de nos lieux d’habitations (The Smallest of Worlds), on fera l’expérience de solastalgie dans la projection interactive de Pierre Zandrowicz et Ferdinand Dervieux (What is left of reality), avant de revivre l’odyssée familiale de Randall Okita, dans une des expériences de réalité virtuelle les plus réussies de ces dernières années (The Book of Distance). 

 

Enfin, dans le parcours, Dimensions parallèles, on ira carrément se perdre dans le virtuel pour mieux se retrouver au retour. Avec les artistes Laurie Anderson et Hsien Chien Huang, on voyagera sur la lune pour y prendre de la hauteur sur notre vision du monde (To The Moon), on y tentera une expérience psychédélique libératrice (Soundself), avant de rester sidéré par la performance de transfiguration du performeur Olivier de Sagazan, filmé par Qiu Yang (O). 

 

La sélection